Le PS « emportera toutes les régions », selon Aubry; une tribune VERTS-MODEM; Le Front national repart en campagne.
Le PS « emportera toutes les régions », selon Aubry
La première secrétaire du Parti socialiste a tenu, hier, à l’occasion de ses vœux à la presse, un discours offensif sans faire état de propositions concrètes.
« Je le redis, notre ambition est d’emporter toutes les régions. » Martine Aubry n’en démord pas, et tant pis pour ceux qui, dans son propre camp, l’appelle à plus de retenue. Lors de ses vœux à la presse, hier matin, au siège de Solferino, la patronne du PS a prévenu : « Nous allons jeter toutes nos forces dans la bataille. » À la tête de 20 régions métropolitaines sur 22, le PS espère donc arracher les deux territoires encore détenus par la droite, l’Alsace et la Corse, à l’occasion du scrutin régional de mars prochain. Une élection essentielle pour l’élue lilloise qui joue, outre sa crédibilité comme chef de parti, après le score désastreux des européennes (16,5 %), sa chance de figurer parmi les présidentiables en 2012 si le succès n’était pas au rendez-vous.
« Présidentiable », Martine Aubry ? Elle œuvre en tout cas sans relâche pour apparaître comme la première opposante à Nicolas Sarkozy. Sa popularité, en progression constante dans les sondages d’opinion depuis la rentrée, semble donner raison à la stratégie frontale qu’elle a choisie face au président de la République. « Nicolas Sarkozy s’agite beaucoup, prétend au leadership, joue solo et, à chaque fois, la déception est au rendez-vous, a analysé, hier, la première secrétaire du PS. L’image de la France s’est abîmée dans le monde. » Pour autant le PS peine à donner un cap clair : « Il vous faudra patienter, nous allons d’abord travailler sur les idées », a-t-elle prévenu, annonçant la tenue de forums thématiques et une convention nationale, le 29 mai, pour préparer « un nouveau modèle de développement économique, social et écologique ». Pour l’heure, hormis la relance réclamée des emplois jeunes, « un bon coup de pouce au smic » ou « un remboursement de 200 euros de TVA » pour les ménages, la dirigeante socialiste ne met pas grand-chose de concret sur la table.
Côté alliance, Martine Aubry s’est bien gardée d’évoquer le Modem. Sujet trop polémique au PS. Jugeant la gauche « moins désunie qu’hier, mais moins unie qu’il serait nécessaire », elle a souhaité « le rassemblement de la gauche et des écologistes comme socle de l’alternative à l’impasse sarkozyste. En 2010 aux régionales, en 2011 aux cantonales et sénatoriales (…) et en 2012 aux élections présidentielle et législatives ».
D’ici là, le PS jouira-t-il encore de la position centrale qu’il occupe au sein de la gauche ? Si certains, au premier rang desquels les écologistes, dynamisés par leur score aux européennes, voudraient voir remis en question un leadership jugé parfois sclérosant, Martine Aubry, elle, n’en doute pas : « Pour nous, 2010 devra être l’an I de la reconquête. »
Frédéric Durand
une tribune VERTS-MODEM
L’eurodéputé chef de file d’Europe Écologie, Daniel Cohn-Bendit, et Sylvie Goulard, eurodéputée du Modem, s’en prennent ensemble, dans le Monde daté d’aujourd’hui, à la décision du gouvernement français, abandonnée sur pression du Parlement européen, de s’affranchir du « cadre électoral européen » pour désigner les occupants des deux nouveaux sièges créés par le traité de Lisbonne. « Si déficit démocratique il y a, (…) c’est plus à Paris (…) qu’à Bruxelles », écrivent-ils.
Le Front national repart en campagne
Remis en selle par le débat sur l’identité nationale, Le Pen mise aussi sur la division de la gauche, en particulier en Paca.
Une droite sarkozyste qui inquiète et déçoit, une campagne gouvernementale sur l’identité nationale qui le sert, il n’en faut pas plus au Front national pour se sentir pousser des ailes. Samedi, Jean-Marie Le Pen lançait sa campagne à Nice, où il est tête de liste dans les Alpes-Maritimes et dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca). L’occasion aussi de donner le coup d’envoi de la campagne nationale. Selon lui, « dans la mesure où l’UMP vote dans 95 % des cas avec le président socialiste de la région, Michel Vauzelle, les communistes et les Verts, la seule opposition, c’est donc le Front national ». Et d’ajouter : « Et ce qui est vrai en Paca l’est aussi sur le plan national. » Le parti d’extrême droite mise sur la division à gauche, et estime qu’il pourrait y avoir, dans cette région, une quadrangulaire au second tour, compte tenu de « la performance des Verts » aux élections européennes de juin dernier. Il ne cache pas qu’il verrait d’un bon œil les Verts devancer le PS au premier tour. Alors que plusieurs sondages disent le parti de Le Pen boosté par la campagne sur l’identité nationale, le leader a enfoncé le clou en prenant les jeunes à témoin. « Ils sont les premières victimes de la médiocrité de l’éducation nationale où les enseignants ont face à eux des classes qui ne possèdent pas le français, langue que leurs parents ne parlent pas à la maison. » Il a évidemment dénoncé « une immigration massive pesant sur le chômage, sur la sécurité, etc. ». Les élections régionales sont sans doute le dernier scrutin où Le Pen se présentera aux suffrages. Il doit en effet, dans quelques semaines, passer la main à sa fille. Mais la formation lepéniste entend aussi se refaire une santé financière, pour sauver le mouvement d’une quasi-faillite.
Dominique bègles


